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Note
1 : Cette définition a déjà été postée
sur la liste Shiki, pour jouer le rôle de FAQ . Chaque fois
que je suis prêt de la poster, je la révise et y ajoute quelque
chose de nouveau. De nouvelles modifications ont été faites
(aussi ressemble t elle déjà à une thèse de
doctorat :))
Ce n'est pas une liste d'instructions à suivre, mais plutôt un ensemble de courtes notes similaires à celles que prennent les étudiants durant les lectures. La plupart des exemples proviennent de membres de la liste Shiki, y compris moi-même. Pour la raison suivante : je ne veux pas enseigner, mais juste montrer que toutes ces idées ont déjà été présentées sur Shiki sous une autre forme, aussi, chacun peut apprendre ces choses par lui-même, ici sur Shiki aussi longtemps qu'il est intéressé au haiku. Les commentaires sont les bienvenus
(en anglais) à : oboro@hotmail.com
Contenu :1° Nombre de lignes2° Nombre de syllabes, Kireji 3° Mot de saison (kigo) 4° Images 4.1 Juxtaposition et schéma à deux éléments 4.2 Effet du "pont inachevé" (métaphores, SIMILE, anthropomorphisme 4.3 Vue externe (sur l'usage du "je" et du "moi") 4.4 Références culturelles 5° Autres artifices formels 5.1 les rimes 5.2 les effets visuels 5.3 le minimalisme 6° Tanka, renga, l'origine du haiku 7° la philosophie du haiku 8° l'humour dans le haiku 9° les autres sources d'informations : (livres, sites web, haiku dans d'autres langages, magazines papier) J'omettrai pour faire court les
notes historiques et parlerai seulement de la forme du haiku. Il y a plusieurs
niveaux dans cet art ; j'irai graduellement du 1° Trois lignesGénéralement, les haiku sont écrits en trois lignes. Il est possible d'en faire en deux lignes, en une ligne ou même en plus de trois lignes :along the graveyard fence
le long de la clôture du
cimetière Paul Mena Cependant, il existe une raison
"interne" aux trois lignes, qui sont (le plus souvent) définies
par la structure et la longueur moyenne d'une clause orale en japonais
(et donc en poésie), et par la structure des images. Voir les sections
suivantes. 2° 5-7-5 syllabes en 1ère, 2ème et 3ème lignesC'est aussi optionnel : premièrement, même Basho ne respecte pas cette règle. Deuxièmement, nous n'écrivons pas en japonais - les syllabes japonaises ont différentes longueurs et véhiculent un nombre différent ' d'unités de sens' que dans les autres langages ; ainsi donc les '17 sacrées' ne peuvent être formellement conservées. Lorsque les poètes écrivent ou traduisent des haiku dans leur langue, ils essayent de sauvegarder l'esprit du haiku, et d'une façcon ou d'une autre imitent la forme japonaise (longueur des lignes, ruptures) mais en même temps ils tiennent compte des formes usuelles de leur langue pour que cela paraisse naturel. Ainsi, la plupart des traductions russes des haiku japonais ont de l'ordre de 20 syllabes ; d'autre part, l'optimum d'un haiku en anglais est de l'ordre de 12 syllabes, selon "The Haiku Handbook" de W.Higginson :old pond ... un vieil étang Basho Voyez, il n'y a pas besoin d'y
ajouter plus de syllabes ; tout est clair et se lit bien. En outre, l'utilisation
des mots de coupure (kireji) est illustrée. Kireji est en japonais
un mot spécial qui indique la pause, la fin d'une clause. Il n'est
pas traduit en anglais, mais peut être imité par la ponctuation
("...", "-", ":", "!") ou avec une rupture de ligne (d'habitude,
le kireji coupe le haiku en deux parties, la pause intervient à
la fin de la première ou seconde ligne. 3° Le mot de saison (kigo)La plupart des haiku contiennent un mot de saison : il introduit une certain fond dans lequel "l'événement haiku" prend place. Il peut être directement nommé ("nuit d'hiver") ou évoqué :under the desk light sous la lampe de bureau
Ron Hahn Ici "papillon de nuit" suppose l'été. L'hiver peut être évoqué par "chandelles de glace" ou "écharpes". Souvent, il est assez difficile de deviner quelle saison est signifiée dans le haiku ; spécialement si le mot est associé à une vieille tradition. Voici un haiku publié dans une sélection de R. Hass sans commentaire: Year after year année après année
Basho A première vue,cela ressemble à une métaphore précieuse plutôt qu'à un "moment de vie". Cependant, si le traducteur connaît les traditions liées à cette image (il était coutume dans l'ancien Japon de divertir les gens à la nouvelle année en mettant un masque à un singe et de se promenant avec), il devrait comprendre ce que le jour de l'an signifie ; la première ligne voudrait probablement dire "cette année aussi...". (parlant d'un jour particulier) et au lieu de l'expression plus générale "an après an". Je voudrais présenter la notion de "mot d'environnement" au lieu de "mot de saison" : cette allusion au temps et à l'endroit de l'événement peut être plus large que la "saison" proprement dit ; cela peut être "mon bureau", ou une partie de la journée, comme par exemple : le ciel du soir Alexey Andreyev Dans notre monde moderne, nous sommes plutôt loin de la nature comme du "sentiment de saison" ; en outre, "papillon de nuit" peut être un mot d'été pour un pays et d'hiver pour un autre (en Russie, il existe des sortes de papillons de nuit (mites) qui mangent la laine des vêtements, et ceux-ci sont des habits d'hiver). Un "mot d'environnement" peut fonctionner n'importe où ; quoique le haiku traditionnel doive utiliser une allusion à la saison. (J'arrête ici la définition
commune et simplifiée du haiku, comme elle est donnée dans
les cours et dictionnaires de poésie. Passons alors à la
partie habituellement cachée sous le terme mystérieux de
"philosophie zen". J'essayerais de l'expliquer dans ma petite section
analytique "vivisection"). 4° ImageChaque haiku est une sorte de petite peinture, une image intéressante. Deux idées princiaples sur ces images.A) Elles proviennent de l'expérience directe ; certains moments remarquables que vous conservez pour votre "camera interne" : émerveillements, coïncidences éranges, situations comiques; scènes qui résonnent dans votre âme, vous choquent, provoquant un état de tristesse ou une autre sensation que VOUS NE POUVEZ PAS NOMMER. B) Cette image, étant écrite, évoquerait aussi un état d'une profondeur chez le lecteur; c'est réellement difficile, non seulement de présenter l'expérience par des mots mais aussi de telle sorte qu'il soit effectivement reflèter dans l'esprit des autres. L'art du haiku (comme je le vois) est une danse sur le fil du rasoir entre (A) et (B) : à un extrème, vous écrivez ce que vous voyez mais vous n'accrocherez pas votre lecteur en écrivant "il y a des feuilles sur l'arbre" (A); et à l'autre extrème (B), vous faites une belle construction abstraite mais trop éloignée d'une perception immédiate ; un montage artificiel qui sera visible et n'impressionnera personne. Virtuellement, cette danse sur le fil est l'essence de toute poésie et Art en général. L'art du haiku utilise ses propres voies pour cela, en voici quelques-unes. Un grand nombre d'"haiku images" sont basées sur la juxtaposition. Généralement, ce sont deux choses qui sont rapprochées, et le haiku présente la véritable essence, la véritable dynamique de leur relation : shadow's hand l'ombre de la main Dhugal Lindsay on very icicle's tip à la pointe de chaque glaçon
Alexey Andreyev Ce schéma a deux éléments peut être séparé en sous-schémas, sorte de "squelettes du haiku" : on peut placer quelque chose de neuf à côté de quelque chose de plus vieux ou "une petite chose à côté d'une grande". Il est intéressant de voir comment les poètes s'arrangent pour évoquer différentes sensations en utilisant le même squelette de haiku, comme par exemple dans : Le vieil étang + une grenouille
saute => plouf (Basho) D'autres parts, il est intéressant d'écrire un haiku dans lequel des éléments communs sont placés dans une relation originale, plus complexe que le simple schéma de juxtaposition à deux éléments : daffodils open des jonquilles ouvertes
Karen Tellefsen a supermarket un supermarché Spring breeze -- Brise de printemps -- Michael Dylan Welch 4.2 "Effet de pont inachevé "Les métaphores et comparaisons ne sont pas fréquentes dans le haiku. Non que ce soit interdit mais le haiku utilise un outil poétique différent. Chaque métaphore ou comparaison donne au lecteur deux choses et le lien explicite entre elles : nous pouvons comparer ("les années comme poussière") ou substituer une chose à une autre ("la poussière de diamant du ciel nocturne"). Dans le premier cas, nous vons la connexion "POUSSIERE<->années", et dans le second "POUSSIERE<->étoiles". Le haiku ne donne pas au lecteur un tel lien préétabli : la connexion (nous pouvons aussi l'appeler "réflection", ou "résonnance") devrait se faire dans l'esprit du lecteur :snowflakes -- flocons de neige -- Penny Harter Ici, "la poussière" est de la poussière réelle, pas des années ou des étoiles. Cependant, voir cette poussière nous fait penser/sentir quelque chose, aussi, nous pouvons décrire ainsi l'effet du haiku "Poussière<-> ..." ou "poussière<-...->neige" (la neige nous aide à voir la poussière qui n'aurait pas été remarquée autrement). Imaginez-vous marchant le long d'une rivière et voyant un pont inachevé : peut-être, juste un demi pont jusqu'au milieu de la rivière, ou quelques piliers, ou même les ruines d'un ancien bloc de ciment sur chaque bord. Dans tous les cas, il n'y a pas de pont, pas de liaison, vous ne pouvez atteindre l'autre bord de la rivière, mais vous complètez le pont dans votre esprit et voyez exactement où il commence et où il finit. C'est ainsi que les liens inachevés du haiku fonctionnent (voir section 7 et 8). On peut relire les exemples donnés dans cet essai en essayant de trouver les 'ponts inachevés'. Retour à l'écriture : voici un exemple de "grande image" : maple tree un érable Richard MacDonald Cependant la liaison utilisée (feuille coupée <-> doigts) est trop directe ; c'est pourquoi, nous ne voyons pas comment ces choses, reliées dans le poème, sont reliées dans la réalité, ainsi cela ressemble plutôt à une comparaison sans le mot "comme". Nous pouvons essayer de le faire plus "haiku" ; peut-être comme ceci : street musicians resting -
des musiciens de rue au repos
- Comme cas spécial de métaphore,
je souhaiterais mentionner l'anthropomorphisme, si commun dans la poésie
occidentale : certains aspects humains sont attribués aux choses
inanimées ("croissant de lune souriant", "vent de colère").
Tout ce qui a été dit sur les métaphores est valable
pour les procédés poétiques : ils doivent être
évités dans le haiku. 4.3 Effet de vue externeUne autre (possible) implication de l'idée des "liens exclus" est que la personne du poète/spectateur est aussi exclue de la scène (généralement) : au lieu de dire "je sens" un poète montre une image naturelle qui fait ressentir aux autres la même sensation.Cependant, je (et pas seulement moi) pense que "je" et "moi" peut être utilisé dans le haiku ; comme lorsque vous vous considérez comme vous regardant de "l'extérieur", ainsi que n'importe quel autre phénomène jouant un rôle dans le tableau :Sick and feverish malade et fièvreux
Akutagawa Ryunosuke Huge sandhill Dune immense Dhughal Lindsay stray dog un chien errant Alexey Andreyev 4.4 Références culturellesLe haiku classique se réfère souvent à des éléments bien connus de la culture nationale. Dans ce cas, un mot ou deux peuvent fournir une espèce de contexte invisble, qui aide à remplir les objectifs d'un bon haiku : il peut dire beaucoup en peu de mots (voir "la face du singe" en section 3). Parmi les allusions fréquentes de ce type, nous pouvons trouver : des références à d'anciens poèmes et chansons, des noms de lieux, de rivières, etc... Elles peuvent porter un sens supplémentaire dans leur traduction (Ausaka - 'mont des assemblées') ou des images associées à cet endroit (Floride - endroit chaud, océan, plages); des noms de vêtements, plats, plantes; éléments de mythes, rites.Winter. On my wall Hiver. Sur mon mur Alexey Andreyev Tompkins Square -- Tompkins Square -- Paul Mena (extrait de "NYC Haiku")
5. Autres procédés5.1 Les rimesLe haiku classique ne se rime pas. Cependant, le haiku rimé est possible. Quelques poètes modernes tendent à déclarer que les rimes (mesure, allitération, etc..) sont artificielles. Je considère que ces personnes sont immatures et FOLLES; et aussi, je leur réponds que l'orthographe est "artificielle", non seulement en parlant de l'écriture "de gauche à droite" qui est "artificielle" aux gauchers et aux Arabes mais aussi aux véritables inventeurs du haikus, les anciens japonais, qui ont écrit leurs textes "de haut en bas" !Ainsi, mon opinion est que la poésie est l'honnêteté avec un langage courant ; un regard juste plus une langue habile. Ainsi, si vous avez un regard aiguisé, tant mieux ! Si vous parlez aussi un "langage soigné" où les rimes viennent aussi naturellement et avez une bonne orthographe, cela ne peut être un mal mais seulement un plus; et le haiku rimé sera un "haiku plus quelque chose", pas un "haiku moins quelque chose" : wolf's howl -- David McMurray night rain - Alexey Andreyev always the wind Laura Young Il existe aussi un style intéressant
de haiku brésilien rimé, voir Rodrigo's Haiku Page.
5.2 Effets visuelsSouvent les poètes utilisent un format personnel pour placer leurs poèmes sur le papier. Il en est de même pour le haiku. Les véritables haiku japonais sont écrits en caractères japonais. Chaque mot-caractère est aussi une petite peinture; voir "comment il est fait" c'est un peu voir "comment il se lit"; une calligraphie spéciale peut être utilisée pour rendre les caractères plus expressifs. Un effet similaire peut être imité dans d'autres langages :left upper corner of the enveloppe
left Alexey Andreyev 5.3 MinimalismeLe haiku est petit, et quelques fois, on le fait le plus court possible. Dans ces cas, il y a un danger d'obscurité et d'ambiguïté, avec un poème paraissant trop abstrait. Voici un exemple avec une réponse. Je pense que la réponse est très importante ici : elle rend ce haiku minimaliste encore intelligible :Moon la Lune Alexey Andreyev Neon le néon Kent Dorsey 6. Tanka, Renga et l'origine du haikuLe tanka est un poème japonais de cinq lignes, plus vieux que le haiku. Il fleurit pendant la période Heian (794-1192). Généralement, nous pouvons voir parties dans le tanka - la première de trois lignes montrait une image naturelle, tandis que la seconde parle de sentiments humains :headlights passing by -
your wet hair la lumière des phares qui
passent - tes cheveux humides Alexey Andreyev Il existait un jeu populaire parmi le peuple qui aimait le tanka : une personne donnait la première (seconde) partie du tanka, et une autre écrivait le reste (voir des exemples parfaits dans "Le livre de chevet" de Sei-Shonagon). Cette technique est aussi illustrée dans l'anthologie éditée par R. Hass : somber and tall in and out sombre et haute dedans et dehors Basho Toutes les images ne sont pas toujours dans la vie des hommes. Ce qui est plus important : "le glissement de la scène" se passe à chaque étape, et au même moment, il y a une liaison entre deux parties (comme vues par une personne qui tourne la tête, vers l'avant, et vers l'arrière). Plus tard, ce jeu consista à créer des longues chaines 3-2-3 (renga), où chaque lien pouvait être lu comme une part de deux tanka : "celui du haut" et "celui du bas" : your wet hair sound of waves tes cheveux mouillés
le son des vagues Offrir trois bonnes lignes de début (hokku) pour un haikai était vraiment important. Ils étaient sélectionnés, discutés, et plus tard, principalement grâce à Basho, l'écriture du hokku isolé devint un nouveau style de poésie (haiku). Il est intéressant de regarder le haiku à partir du point de vue du tanka : le tanka est souvent appelé un poème lyrique à cause de sa seconde partie qui lie la scène de la Nature à un sentiment humain. C'est le plus souvent une comparaison, mais sans "mot de lien" explicite ("comme", "ainsi", "semblable à"). Le haiku comme "tanka non terminé", fait "la comparaison sans second élément" pour ainsi dire. Il est supposé véhiculer le sentiment, sans le nommer explicitement. (voir aussi la section 4.2). Si nous regardons les poèmes occidentaux anciens, nous voyons que beaucoup d'entre eux commencent avec des images naturelles ressemblant à des hokku; mais le poète commence alors une "explication", reliant l'image à son propre état, ce qui n'est pas toujours nécessaire si la première image est bien faite. D'autre part, un haiku seul paraît souvent trop "nu". Peut être, Basho disait cela aussi : il mettait beaucoup de ses impressions sous la forme de haibun, une autre forme intéressante où le haiku est accompagné de fragments de prose pour former une espèce de journal. Chaque fragment fournit un contexte, tandis que le haiku suivant illustre un détail. Je ne vais pas parler pour ne rien dire au sujet des divers aspects du bouddhisme zen, taoisme et autres écoles orientales, mais je vais mettre en évidence deux idées qui, je pense, ont rapport avec l'art du haiku. a) l'Expérience. Il y a des choses qui ne peuvent pas être apprises de livres et de maîtres (même des plus grands), mais peuvent seulement perçues, "vécues" dans nos propres interactions avec le monde. Cela signifie que parallèlement à l'éducation (étude des mots, formes, styles, histoire) un poète devrait avoir "une expérience" du monde, développant son propre point de vue, sa propre vision poétique. "C'est mieux devoir une fois que d'entendre cent fois", dit le proverbe russe. On peut avancer, que de ce point de vue, le meilleur élève serait celui qui a oublié les anciens formalismes ; qui, par exemple, lit cet article et dit "ce sont des conneries !". Bien, je suis d'accord, mais en y ajoutant quelque chose : pour jeter l'article, il a à écrire le sien, un meilleur, avec une poignée de meilleurs haiku. b) l'Unité et l'Harmonie. Selon la tradition chinoise ancienne, toutes les pièces du monde sont reliées entre elles; plus encore, elles sont dans un état spontané d'Harmonie universelle; chaque part de cette grande Unité est signifiante par rapport aux autres. Donc, la Nature et les hommes sont intimement liés et dépendants chacun de l'autre. C'est reflété en poésie. Premièrement, "les mots de saison" sont utilisés à cette fin. Deuxièmement, le style même de la poésie haiku, sans comparaisons, métaphores ou autres procédés poétiques le démontre. Comme poète, Wlodzimierz Holsztynski notait, "il n'y a pas besoin de comparaisons et de métaphores ou de jeux de mots parce que la profondeur et les subtiles émotions peuvent être évoquées par la juxtaposition d'éléments de la Nature et de la vie des hommes. C'est une voie pure pour induire des émotions dans l'esprit des lecteurs sans lui donner "de la nourriture prémachée". En considérant ces idées,
on peut voir l'art du haiku non comme l'art de créer des liaisons
origanles et marquantes dans un poème; mais comme l'art de voir
des relations qui existent autour de nous, et l'art de faire en sorte
que les autres le voient aussi. 8. L'humour dans le haikuSouvent, il est dit que les plaisanteries n'ont pas leur place dans le haiku mais bien dans le senryuu, un style spécial ressemblant au haiku, considérée comme de qualité inférieure au haiku. En fait, il y a différentes formes d'humour. L'humour dans le senryuu peut être appelé "destructeur": il met en évidence l'absurde, les aspects négatifs, et ses jeux de mots (ou même anecdotes, aphorismes) mène à l'ironie et même au ricanement. D'autre part, l'humour dans le haiku est non négatif. Je ne veux pas dire "positif" parce qu'on peut imaginer les choses "trop positives", quelque joie sauvage. Non. L'humour dans le haiku est proche de l'état "d'absence d'émotion"; c'est le sourire invisible du sage qui entrevoit certaines liaisons occultes entre les choses (Harmonie spontanée). Cet état de conscience, comme la Nature elle-même, n'est ni positif, ni négatif. Mais le moment de cette découverte donne lieu à un sourire doux, mais un peu triste.D'autres différences entre haiku et senryuu sont liées à ces différentes sortes de sourire: le senryuu manque de mots de saison, ils sont souvent écrits sur la vie de tous les jours (où est l'absurde sinon dans les changements quotidiens de notre vie ?). D'autre part, le haiku parle de choses plus durables et sont compréhensibles dans différents pays et époques, montrant les lois éternelles de l'Univers: le saut des grenouilles, l'ascension des escargots en dépit de toutes les guerres, tremblements de terre et informatisation à outrance :-) Souvent, il n'est pas facile de dire quelle espèce de plaisanterie est utilisée dans un poème (et de séparer le haiku du senryuu), parce que notre perception du monde n'est pas aussi "binaire" et diffère d'une personne à l'autre. J'ai essayé de montrer deux sortes d'humour dans les exemples ci-dessous. Ils sont sur le même thème, et je ne peux pas appeler l'un d'eux senryuu et l'autre haiku; cependant, le premier fait un jeu de mot (se référant au fameux poème de Whitman); le second est plus enthousiaste : country of lawnmowers,
pays de tondeurs de pelouse
on the grass cutter's shoes
sur les souliers du tondeur
Alexey Andreyev 9. Autres sources d'information sur le haiku9.1 Je recommanderais de trouver et lire différentes traductions du même haiku. Regardez, par exemple, comment le fameux escargot d'Issa a été traduit par des personnes différentes :O snail, Climb Mount Fuji, Snail -- En ce qui concerne les livres, "The Haiku Handbook" de William J. Higginson est le plus détaillé et clair. Récemment, il a publié deux anthologies internationales "The Haiku Seasons" et "Haiku World" où on peut trouver beaucoup de choses intéressantes sur la culture japonaise, aussi bien que beaucoup de haiku de différents pays. Je trouve aussi utile pour comprendre
le haiku de lire la prose classique japonaise du 10ème siècle
(comme "Le Livre de Chevet" de Sei-Shonagon). Beaucoup de livres de Zen,
cependant m'endorment après les cinq premières pages :)
9.2 Les haiku sur le WWW et les écrivains du Haiku ModerneIl y a quelques bonnes Pages de haiku à voir sur le Web (et les liens vers elles, aussi bien que les livres sont mentionnés ci-après). Je dois vous avertir: il existe beaucoup de sites ayant "haiku" dans leur titres mais n'ont rien à voir avec (peut être le plus stupide d'entre eux est celui appelé "Spam Haiku").Voici mes favoris parmi les VERITABLES Pages de haiku. The Shiki Internet Haiku Salon
(Japon) Dhugal J. Lindsay's Haiku Universe
(Japon) Kei Toyomasu's "HAIKU for PEOPLE
!" (Norvège) Rodrigo de Almeida Siqueira's
Haiku Page (Brésil) John Hudak's "Chab" - une publication
électronique de haiku (USA) Jane Reichhold's AHA ! Poetry
Page (USA) Paul Mena's Page (USA)
HAI-RAISE URBAN HAIKU (Angleterre)
9.3 Le haiku dans les autres langues.Sur le Web, on peut trouver des haiku :En japonais - sur les pages de
Dhugal et Shiki Salon. 9.4 Les journaux modernes de haiku et les magazines sur papierVous pouvez interroger Dhugal Lindsay (dhugal@ori.u-tokyo.ac.jp) sur les magazines japonais et Michael Welch (Welch@aol.com) sur ceux des Etats-Unis.9.5 Les autres personnes dont les poèmes sont cités ici sont des membres de la Liste Shiki (à l'exception de Basho et Akutagawa qui ont été expulsés pour leur mauvais comportement :) aussi, vous pourrez les trouver via The Shiki Haiku Salon Archive: voir l'adresse ci-dessus. Certains poèmes de l'auteur ont été publiés pour la première fois dans les magazines "Woodnotes" et "Frogpond", et aussi dans son livre de poésie "MOYAYAMA: Journal de Haiku russes", A Small Garlic Press, 1996 (en anglais) et "Pesenka Shuta", Effect Publishing |